Liste des principales entreprises françaises cotées en bourse

Un IPO. Trois lettres, un acronyme anglo-saxon, mais derrière ce jargon, un geste décisif : l’entreprise se jette dans le grand bain de la Bourse, ses actions deviennent soudain accessibles à tous. L’opération n’a rien d’anodin. C’est à la fois une levée de fonds, une prise de risque, parfois une étape charnière dans la trajectoire d’une société. Voyons de près ce que représente une entrée en bourse, pourquoi tant d’entreprises s’y essaient, et ce que cela change, côté investisseur.

Sociétés cotées et non cotées, comment les distinguer ?

Actions et structures : ce qui change (ou pas)

Dès la création d’une société, SAS, SCI, LLC, peu importe, les associés mettent la main à la poche. Le capital se répartit en actions, une règle qui vaut autant pour la PME du quartier que pour la multinationale. Mais ces actions, dans la plupart des cas, restent hors des radars de la Bourse : elles ne circulent pas librement sur les marchés financiers.

Des géants loin du parquet

La cotation n’est pas réservée aux seuls titans de la finance, ni interdite aux petites structures. Pourtant, de nombreuses grandes sociétés choisissent volontairement de rester à l’écart des marchés. Les entreprises étatiques en sont le parfait exemple. Mais d’autres géants, souvent familiaux, font aussi ce choix. Prenons Ferrero, mastodonte italien du chocolat, Kinder, Nutella, tout le monde connaît : plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, 30 000 salariés. Pourtant, impossible d’acheter une action Ferrero en Bourse. Cela ne signifie pas que la transmission d’actions est interdite : elle se fait simplement « de gré à gré », c’est-à-dire sans passer par le marché réglementé, souvent devant notaire. Mais attention, les statuts de l’entreprise peuvent poser des restrictions, comme l’accord préalable d’autres associés.

Quelques exemples emblématiques de sociétés non cotées : Ikea, Ernst & Young, Aldi, Auchan, Maaf, BPCE, Bosch, Galeries Lafayette. Leurs noms s’affichent partout, mais leurs actions restent entre quelques mains.

Flottant : quand la Bourse ne voit qu’une partie de l’iceberg

De nombreuses entreprises ne mettent qu’une part de leur capital sur le marché. LVMH, par exemple, ne laisse circuler que 52 % de ses actions en Bourse, la Française des Jeux 40 %, EDF 15 %. Résultat : quand les indices, comme le CAC 40, calculent la place d’une entreprise, ils ne prennent en compte que cette part négociable, appelée « flottant » ou « free float ».

Appel public à l’épargne : le mécanisme de l’IPO

La logique d’une entrée en Bourse

Entrer en Bourse, c’est permettre à ses actions de s’échanger sur un marché réglementé. L’entreprise choisit la place de cotation, souvent celle de son pays d’origine, comme Euronext Paris pour les sociétés françaises, mais ce n’est pas une obligation. On trouve ainsi Criteo, entreprise française, à New York, ou L’Occitane à Hong Kong. Certaines sociétés s’offrent même plusieurs places de cotation.

Lors d’une IPO, l’entreprise peut mettre sur le marché des actions déjà existantes (cédées par les actionnaires actuels), créer de nouvelles actions pour attirer de l’argent frais, ou combiner les deux. Pour l’investisseur, la nuance est de taille : dans le premier cas, l’opération sert à redistribuer la propriété, dans le second, elle alimente la croissance.

Le parcours vu du côté de l’entreprise

Une fois la décision prise, il faut passer l’obstacle des critères d’admission. Ces critères varient selon la place choisie : Euronext, par exemple, réserve un marché spécifique aux PME, Euronext Growth, avec des exigences allégées. Dans tous les cas, la société doit ouvrir ses livres, publier des données financières détaillées, bien au-delà de ce qui est requis pour les sociétés non cotées.

La société sollicite alors une ou plusieurs banques d’affaires. Leur mission : estimer la valeur de l’entreprise, organiser la communication financière, fixer un prix d’offre attractif et répartir les titres entre investisseurs. Parfois, la banque s’engage à racheter les actions invendues, on parle alors de « garantie de bonne fin ». Ce montage associe généralement une tranche réservée aux institutionnels et une autre, à prix ouvert, pour les particuliers.

Côté investisseur : comment ça se passe ?

Les entreprises peuvent ouvrir leur capital à la fois aux investisseurs professionnels et aux particuliers. En France, la loi impose de réserver au moins 10 % de l’opération aux non-professionnels. Toutes les informations pertinentes figurent dans le prospectus d’IPO : il s’agit d’un document dense, incontournable avant toute souscription.

Différents modes de souscription existent, chacun avec ses règles spécifiques :

  • Offre à prix ouvert : les particuliers indiquent combien d’actions ils souhaitent acheter et à quel prix, dans une fourchette fixée à l’avance. Le prix définitif et la quantité obtenue sont déterminés à l’issue de l’opération. Exemple concret : l’IPO de la Française des Jeux, détaillée plus bas.
  • Offre à prix fixe : le prix est déterminé dès le départ, la demande des investisseurs conditionne la quantité d’actions attribuées.
  • Offre à prix minimum : chaque souscripteur propose un prix supérieur à un seuil fixé, et ceux qui offrent plus ont davantage de chances d’obtenir des titres.

Pourquoi une entreprise choisit-elle la Bourse ?

Financer ses ambitions

Une entreprise n’a pas le choix : pour avancer, il lui faut investir. Et pour investir, il faut des fonds. Elle peut puiser dans ses bénéfices, s’endetter, via les banques ou en émettant des obligations,, ou encore faire appel à de nouveaux actionnaires en émettant des actions. En réalité, elle combine souvent ces leviers.

Le directeur financier a pour mission d’optimiser ce mix de financement. Le sujet a fait couler beaucoup d’encre, jusque sur les bancs du Nobel d’économie, avec les travaux de Modigliani et Miller.

Dette ou capital : arbitrages et réalités

Dans une théorie idéale, la structure financière d’une entreprise (plus ou moins de dettes, plus ou moins d’actions) ne changerait rien à sa valeur. Mais la réalité impose ses contraintes : la fiscalité, le coût de l’argent, la complexité des démarches. L’emprunt permet de déduire les intérêts, ce qui le rend attractif. De plus, une IPO coûte cher, parfois plus de 10 % des sommes levées. Pas étonnant que de nombreuses entreprises privilégient l’endettement.

Pourquoi recourir tout de même au capital ?

Mais il y a une limite : trop de dettes, c’est le risque de la corde raide. Les remboursements sont incompressibles, même quand la conjoncture se retourne. Les crises ont vu tomber bon nombre de sociétés asphyxiées par leur dette.

Lever du capital auprès d’actionnaires permet de garder de la marge de manœuvre. Plus l’entreprise est capitalisée, plus elle peut s’endetter si besoin. Cette flexibilité devient vitale lorsque les marchés se grippent.

Ce que la Bourse change pour l’entreprise

Entrer en Bourse implique des coûts et des contraintes supplémentaires : obligation de transparence, communication régulière, gestion d’actionnaires souvent plus nombreux et exigeants. Les difficultés internes ne tardent plus à être exposées au grand jour. Malgré tout, des milliers d’entreprises franchissent le pas chaque année. En trente ans, le nombre de sociétés cotées a plus que doublé dans le monde, dopé par l’essor des marchés émergents.

Les motivations sont multiples. Mais la visibilité et la crédibilité jouent un rôle majeur. Être coté, c’est gagner en notoriété, attirer des talents, faciliter le recours au crédit, parfois même booster le chiffre d’affaires. Dans la finance, la réputation n’est jamais anodine.

Quelques IPO marquantes en France et à l’international

La Française des Jeux

La FDJ a fait l’objet d’une offre à prix ouvert pour les particuliers, avec en parallèle une offre aux institutionnels. Il ne s’agissait pas d’une augmentation de capital : l’État a simplement cédé une partie de ses actions. Les particuliers ont bénéficié d’un rabais de 2 % par rapport au prix proposé aux professionnels, avec une fourchette indicative entre 16,17 € et 19,50 €. Le prix final s’est établi à 19,50 € pour les particuliers et 19,90 € pour les institutionnels. La demande a dépassé 11 milliards d’euros, dont 1,6 milliard venant de particuliers, commerçants et salariés. Près de 500 000 souscripteurs ont tenté leur chance, mais tous n’ont pas été servis, surtout au-delà de 5 000 € d’achat. À la clôture du premier jour, le titre affichait 22,7 €.

Alibaba

En 2014, Alibaba réalise l’IPO la plus médiatisée de l’époque, levant 25 milliards de dollars. Depuis, son action a surperformé le S&P 500, tout en évoluant globalement au rythme du Nasdaq 100.

Saudi Aramco

La compagnie pétrolière saoudienne entre en Bourse fin 2019, raflant le record avec un peu plus de 25 milliards de dollars levés. Ce montant, pourtant colossal, ne représente qu’une fraction de la valorisation totale de l’entreprise, estimée à plus de 1 500 milliards de dollars en mai 2020, surpassant alors Apple. Début 2021, Apple a repris la tête du classement.

Facebook

L’entrée en Bourse du réseau social en 2012 a marqué les esprits, non seulement pour les montants en jeu, mais aussi parce que Mark Zuckerberg a su garder la main. Après l’opération, il ne détenait plus que 22 % du capital, mais conservait 57 % des droits de vote grâce à une structure à deux classes d’actions : les investisseurs n’avaient accès qu’aux actions de catégorie A (un vote par action), tandis que Zuckerberg et un cercle restreint détenaient les actions de catégorie B (dix votes chacune). Le titre avait été introduit à 38 dollars ; début 2021, il dépassait les 278 dollars.

WeWork

Le cas WeWork est devenu exemplaire… pour une IPO avortée. Alors que la société préparait son entrée en Bourse, la publication de documents détaillés a refroidi analystes et investisseurs. La valorisation, évoquée autour de 50 milliards de dollars, s’est effondrée à 10 milliards en quelques semaines. L’opération a été annulée, obligeant WeWork à se financer en urgence par la dette. Les obligations de la société, rémunérées à 33 % par an, témoignent de la défiance du marché.

Les IPO : un pari gagnant pour les investisseurs ?

L’effet premier jour

Souvent, la première séance de cotation s’accompagne d’un bond du cours. Sur la période 1983-2017 en France, la hausse moyenne était de 9,7 % le premier jour, contre 16,9 % aux États-Unis sur 1960-2019 (d’après les travaux de Jay Ritter, spécialiste mondial des IPO). Les banques et les entreprises cherchent à garantir le succès de l’opération, quitte à accorder un rabais initial. Pour l’investisseur particulier, cela peut sembler alléchant. Mais attention : la forte demande limite la quantité d’actions réellement attribuées. Ceux qui obtiennent tout ce qu’ils demandent le doivent souvent à un manque d’appétit du marché, pas forcément bon signe.

La réalité sur 3 à 5 ans

À moyen terme, le tableau est bien moins flatteur. Aux États-Unis, toujours selon Jay Ritter, entre 1980 et 2018, la performance des sociétés introduites était en moyenne inférieure de 17,5 % à celle du marché trois ans après leur IPO. Pour les plus petites entreprises à faible rentabilité, le décrochage est encore plus net.

En France, une étude menée par Pascal Quiry et Yann Le Fur (co-auteurs de « Finance d’entreprise ») montre que, depuis 2014, les 101 sociétés françaises introduites en Bourse ont enregistré une performance moyenne de,33 % (hors dividendes),,48 % en médiane. Près de 85 % de ces sociétés affichaient une capitalisation inférieure à un milliard d’euros. Sur la même période, les indices SBF 120 et CAC Mid & Small progressaient respectivement de 36 % et 55 %. Là encore, la sous-performance est surtout marquée pour les petites structures.

Faut-il se lancer : le dilemme de l’investisseur particulier

Participer à une IPO peut séduire : sentiment de participer à une aventure, emballement médiatique, promesse d’une opération réservée à quelques élus. Mais la réalité est moins idyllique. Il est parfois possible de réaliser une plus-value rapide, en profitant du rabais initial. Mais cette stratégie ne s’applique pas à l’ensemble d’un portefeuille diversifié : difficile d’en faire une méthode récurrente.

Sur la durée, l’expérience montre que miser lourdement sur une entreprise fraîchement cotée s’avère rarement payant. Mieux vaut garder la tête froide et peser le pour et le contre avant de céder à l’enthousiasme du moment. L’histoire boursière en regorge d’exemples.

FAQ sur l’entrée en Bourse

Pourquoi réaliser une IPO (appel public à l’épargne) ? L’objectif principal est de lever des fonds. Mais cette source de financement n’est pas forcément plus avantageuse que les autres. La notoriété acquise lors du processus et après la cotation joue aussi un rôle décisif.

Comment se déroule une IPO ? L’entreprise fait appel à une banque d’affaires pour évaluer sa valeur, préparer les documents réglementaires et placer les titres auprès des investisseurs. La banque peut garantir la vente de l’ensemble des actions proposées. Plusieurs modes de souscription existent : offre à prix ouvert, fixe ou à prix minimum.

Quelles sont les conditions à remplir ? Les modalités varient selon la place financière. Sur Euronext, le processus prend en moyenne six mois. Selon le segment visé, il faut généralement deux ans de comptes (pas nécessairement audités), voire trois ans de comptes certifiés pour les grandes sociétés visant Euronext « full ».

Quel courtier choisir pour investir dans une IPO ? Tout courtier permet, en théorie, de participer à une IPO, qu’il soit spécialisé dans le trading ou l’investissement de long terme. Il est indispensable de bien s’informer sur les conditions spécifiques à chaque opération, en consultant à la fois la documentation fournie par l’entreprise et les informations du courtier. Pour certaines IPO à l’étranger, la démarche peut être plus complexe.

Faut-il investir sur une entreprise cotée en Bourse ?

L’investissement boursier peut s’avérer être une opportunité pour gagner de l’argent à long terme, mais cela peut également être risqué. Avant de prendre la décision d’investir dans une entreprise cotée en Bourse, il est important de faire une recherche approfondie sur l’entreprise et le marché dans lequel elle se trouve. Vous devez également prendre en compte son historique de performance financière, ainsi que les perspectives économiques et politiques à long terme.

Investir dans une entreprise cotée en Bourse peut offrir un rendement élevé en raison de la croissance potentielle de l’entreprise et de l’augmentation de la demande pour ses actions. Cependant, il est primordial de porter une attention toute particulière quant au fait de considérer les risques associés à l’investissement en Bourse, tels que les fluctuations du marché, les incertitudes économiques et politiques et la performance financière incertaine de l’entreprise.

Il faut penser à diversifier son portefeuille d’investissement de façon à minimiser les risques. Il est également judicieux de ne pas investir toutes ses économies dans une seule entreprise ou secteur, mais plutôt de les répartir sur plusieurs types de placements, tels que les actions, les fonds communs de placement et les obligations d’État.

Rien n’est jamais garanti sur les marchés financiers. Mais à chaque nouvelle IPO, la Bourse rappelle qu’elle reste un formidable théâtre où s’entremêlent ambition, prudence et, parfois, désillusion. À chacun de trouver sa place sur cette scène mouvante.