Les placements sans risques à privilégier pour sécuriser votre épargne

Depuis 2008, les nuages planent sur l’économie et l’envie de mettre ses économies à l’abri du moindre grain de sable n’a jamais disparu. Pourtant, ceux qui rêvent d’un placement sans risque se heurtent à une réalité peu réjouissante : les rendements de ces placements se sont effondrés. Pourquoi ? Les établissements bancaires, peu enclins à s’attarder sur des produits qui rapportent moins, préfèrent mettre en avant des placements plus dynamiques, souvent plus rentables pour eux, et, parfois, pour les épargnants les plus téméraires.

Pourtant, il reste possible de sécuriser son épargne tout en obtenant un rendement honorable, pour peu qu’on sache où regarder. Livrets réglementés, assurance-vie en euros et quelques alternatives restent sur le marché, à condition de bien les choisir. À travers notre brochure et notre comparateur d’assurance-vie, faites le point sur les solutions qui tiennent la route.

► Aperçu des différents placements sécurisés

Brochures bancaires : l’option court terme qui rassure

Pour ceux qui cherchent à éviter la moindre prise de risque et à faire fructifier leur argent sans mauvaise surprise, les livrets d’épargne restent une valeur sûre.

Impossible d’ignorer les livrets réglementés : Livret A, LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), ou LEP (Livret d’Épargne Populaire). Ces comptes, défiscalisés et exonérés de prélèvements sociaux, garantissent à la fois une sécurité totale du capital et une disponibilité permanente des fonds. Mais soyons lucides : leur rendement a fondu comme neige au soleil et ne cesse de s’éroder. Livret A et LDDS, par exemple, plafonnent à 0,75 % net. Un taux modeste qui peine à rivaliser avec l’inflation.

Pour obtenir un peu mieux sans sacrifier la sécurité, il existe aussi des livrets bancaires non réglementés. Les banques en proposent librement, et même si leurs gains sont imposés (jusqu’à 39,5 % si l’on additionne impôts et prélèvements sociaux), certains taux bruts restent attractifs. Quand le rendement est au rendez-vous, le livret bancaire peut, net d’impôts, battre les livrets réglementés.

Un exemple concret : selon notre comparateur, le livret RCI Banque affichait, début mai 2016 (hors offres et taux promotionnels), un taux brut de 1,50 %. Après fiscalité, le taux net tombe à 0,91 % dans le pire des cas : c’est mieux que le Livret A. Et la sécurité n’est pas sacrifiée : votre capital et les intérêts restent disponibles à tout instant.

Pour ceux qui souhaitent faire travailler leur argent sans surprise et à leur rythme, les livrets bancaires offrent donc une solution simple, flexible et rassurante à court terme.

L’assurance-vie en euros : la stabilité sur la durée

L’assurance-vie en euros continue d’attirer ceux qui veulent concilier sécurité et rendement sans jouer aux apprentis sorciers. Même si ses performances s’effritent depuis plusieurs années, elle reste un choix solide pour qui pense à moyen ou long terme.

Pour tirer profit de ce placement, il vaut mieux conserver son contrat au moins huit ans : à partir de la neuvième année, la fiscalité devient très avantageuse, voire quasi inexistante. Toutefois, les fonds restent accessibles à tout moment, même si un retrait anticipé entraîne une fiscalité plus lourde.

En choisissant un fonds en euros, l’épargnant s’assure une garantie totale du capital. Les rendements peuvent surprendre : certains fonds dépassent encore 3,60 % nets de frais de gestion. Par exemple, le contrat Boursorama Vie Euro Exclusif affiche un rendement de 3,15 %, sans obligation d’investir en unités de compte.

Pour ceux qui ne veulent pas s’inquiéter des fluctuations des marchés et recherchent une solution pérenne, l’assurance-vie en euros reste l’un des piliers de l’épargne sécurisée.

Diversifier sans s’exposer : quelles autres pistes ?

Certains épargnants souhaitent aller au-delà des livrets et de l’assurance-vie tout en conservant un maximum de sécurité. Quelques solutions existent, chacune avec ses propres règles.

Parmi les valeurs-refuge, l’or se démarque : depuis des décennies, il sert de bouclier lors des tempêtes économiques. Mais il n’est pas totalement à l’abri des variations : sa valeur dépend des marchés mondiaux et, en cas de retournement, il peut rapidement perdre de sa superbe. Acheter de l’or physique ou investir dans des produits liés à l’or peut donc rassurer, mais nécessite de bien surveiller le marché pour éviter les mauvaises surprises.

Le Plan d’Épargne Logement (PEL) offre aussi une alternative : avec un taux brut de 1,50 %, il permet de placer ses économies sans risque majeur. Toutefois, il impose un blocage des fonds pendant au moins deux ans et des versements réguliers. En cas de retrait anticipé, le rendement chute à 0,50 %. Après dix ans, impossible de verser, même si le PEL continue de générer des intérêts pendant cinq années supplémentaires. Mais aujourd’hui, ce produit peine à rivaliser avec l’assurance-vie, dont les performances sur deux ans et plus restent supérieures. D’autant que l’avantage sur le taux des crédits immobiliers n’est plus ce qu’il était, l’écart s’étant réduit.

Pour ceux qui disposent d’un capital conséquent, l’investissement dans l’immobilier en vue d’un crédit-bail reste une possibilité. Mais il s’agit là d’un choix engageant, qui demande réflexion et moyens.

Sécuriser son épargne sans rien sacrifier du rendement n’est pas une mission impossible. À condition de savoir lire entre les lignes, d’accepter quelques compromis et de garder un œil sur les évolutions du marché, il reste des voies sûres pour faire fructifier son capital loin des secousses. À chacun de construire la stratégie qui lui permettra d’avancer sereinement, sans avoir à choisir entre prudence et performance.