Maîtriser le calcul du coût de revient pour vos chantiers

En comptabilité, rien n’est laissé au hasard. Chaque dépense, chaque facture, chaque euro qui s’envole dans le fonctionnement quotidien d’une entreprise finit par peser lourd dans la balance. Les frais généraux, qu’on les évoque à travers le prisme du bâtiment ou d’un autre secteur, forment la colonne vertébrale invisible de la santé financière d’une société. Maîtriser leur calcul n’est pas un exercice de style, mais une nécessité pour piloter ses chantiers, fixer ses tarifs et ne pas travailler à perte.

Frais généraux en comptabilité

Définition des frais généraux

Dans le langage comptable, les frais généraux désignent tous les coûts nécessaires au fonctionnement courant de l’entreprise, jour après jour. Ils englobent à la fois des dépenses fixes et variables, qui doivent impérativement figurer dans le prévisionnel financier de la société. Pour donner quelques exemples concrets : le loyer des locaux, les assurances, les salaires du personnel non productif ou encore les frais de déplacement entrent dans cette catégorie.

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Dans la branche du bâtiment, les frais généraux ne concernent pas directement le chantier en lui-même. Ils s’opposent aux fameux « débours secs », qui, eux, servent à estimer le prix des services ou des produits vendus. Savoir identifier et intégrer ces frais permet de connaître le point d’équilibre de son activité, celui où l’on commence enfin à gagner de l’argent.

Coûts variables et coûts fixes : comment les distinguer ?

Les frais généraux se répartissent en deux familles bien distinctes : les charges fixes et les charges variables. Savoir différencier ces deux types de dépenses change tout dans la gestion de l’entreprise.

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  • Coûts fixes : On parle ici des charges structurelles, liées à l’existence même de l’entreprise. Leur particularité ? Elles restent stables, peu importe le niveau d’activité. Prenez le loyer d’un atelier : que vous ayez signé un gros contrat ou traversiez une période creuse, le montant reste le même, sauf clause d’indexation qui peut le faire grimper d’une année sur l’autre.
  • Coûts variables : Ceux-ci évoluent en fonction de l’activité. Les frais de déplacement, par exemple, augmentent à mesure que les chantiers s’enchaînent et que les équipes sillonnent la région. Plus de chantiers, plus de carburant, plus de notes d’hôtel.

Il faut cependant rester vigilant : certains coûts fixes peuvent évoluer, comme le loyer soumis à révision ou l’assurance ajustée annuellement selon des indices sectoriels. Cette surveillance régulière permet d’ajuster ses tarifs pour rester aligné sur la réalité du terrain.

Les frais généraux dans le secteur du bâtiment

Si les grandes familles de frais généraux sont partagées par la majorité des entreprises, leur poids varie fortement selon les métiers. Dans la construction, la liste des postes à surveiller est longue. Un menuisier, par exemple, aura besoin d’un atelier pour façonner le bois, alors qu’un plombier pourra travailler sans local dédié. Et bien sûr, une entreprise qui emploie dix personnes supportera des charges bien plus lourdes qu’un auto-entrepreneur travaillant seul.

Les postes de dépenses les plus fréquents

Voici les principales sources de frais généraux que l’on retrouve chez la majorité des entreprises du bâtiment :

  • Location ou loyer : bureau, atelier, local commercial, ou encore location de véhicules et d’engins professionnels, tout cela pèse sur les comptes chaque mois.
  • Eau, électricité, gaz : ces dépenses varient selon la taille des locaux, le nombre de salariés présents et l’intensité d’utilisation des équipements (chauffage, ordinateurs, etc.).
  • Impôts et taxes : impôts locaux ou fonciers, cotisations sociales pour le dirigeant et les salariés, TVA, impôt sur les sociétés… Impossible d’y échapper.
  • Salaires du personnel administratif : il s’agit ici des salaires des personnes qui ne travaillent pas directement sur le chantier, comme une secrétaire ou un assistant de gestion.
  • Honoraires de prestataires externes : comptable, avocat pour la rédaction des contrats ou les mentions légales, bureau d’études, etc. Ces services sont parfois indispensables et leur coût doit être anticipé.
  • Déplacements : déplacements sur les chantiers, frais de carburant, péages, stationnement, repas, voire hébergement si le chantier est éloigné.

Pour aller plus loin sur la rédaction de vos conditions générales de vente dans la construction, des ressources existent pour vous guider.

D’autres frais à ne pas négliger

Suivant la taille et l’activité de l’entreprise, certains postes peuvent prendre une place plus ou moins grande dans le budget :

  • Assurances : pour le BTP, la décennale est obligatoire, mais il faut aussi penser à l’assurance biennale, à la complémentaire santé professionnelle, sans oublier l’assurance auto pour les utilitaires.
  • Logiciels professionnels : au début, beaucoup utilisent des tableaux Excel. Mais très vite, un vrai logiciel de devis et de facturation devient incontournable pour piloter la gestion et le suivi de chantier.
  • Abonnements postaux et télécoms : frais d’envoi, forfaits internet et téléphoniques, tout cela s’ajoute.
  • Vêtements de travail : pantalons, vestes, chaussures de sécurité, gilets réfléchissants… Ces équipements sont indispensables et donc à intégrer dans les frais généraux.
  • Frais bancaires : tenue de compte, commissions diverses, frais liés aux encaissements par carte…
  • Maintenance et entretien : entretien des machines, réparations, nettoyage des locaux ou des véhicules.
  • Fournitures et petit matériel : fournitures de bureau, matériel informatique, petits équipements courants.
  • Communication et publicité : création de logo, cartes de visite, flyers, marquage de véhicules, achat de contacts ou commissions sur la recommandation de chantiers.

Pour ceux qui souhaitent comprendre le fonctionnement des rapports et des comités dans le BTP, d’autres articles spécialisés sont disponibles en ligne.

Comment calculer ses frais généraux ?

Déterminer son coefficient de frais généraux

Il reste toujours préférable de faire appel à un comptable pour passer en revue et additionner tous les frais engagés lors de votre dernier exercice. Ce travail d’analyse offre une vision claire du total annuel de vos frais généraux.

Ce montant global peut ensuite être exprimé sous forme de coefficient ou de pourcentage, à appliquer pour la facturation future.

L’outil Batiprix, pratique pour s’y retrouver

Si vous ne disposez pas d’un comptable, des outils existent pour vous aider à estimer le poids des frais généraux dans vos dépenses, comme le calculateur développé par Batiprix, une référence dans la tarification du bâtiment.

Le principe est simple : il suffit de renseigner le montant de chaque grande catégorie de dépenses dans un formulaire et l’outil calcule le total annuel de vos frais généraux.

Appliquer le coefficient de frais généraux pour fixer ses prix

Une fois votre coefficient de frais généraux déterminé, il devient possible de fixer le tarif de vos prestations en tenant compte de la réalité économique de votre entreprise.

Pour calculer le prix de vente hors TVA de vos travaux, la méthode dite des débours secs s’impose. Les débours secs regroupent tous les coûts directement liés à la réalisation d’un chantier : main-d’œuvre, fournitures, matériel.

Le calcul du coût de revient

Première étape : calculer le prix de revient d’un service, c’est-à-dire la somme de tous les coûts supportés pour exécuter la prestation. On obtient ce chiffre en multipliant le coefficient de frais généraux (FG) par le montant des débours secs (DS) : PR = FG × DS. Prenons un cas concret : pour une pose de carrelage à 1437 € de débours secs et un coefficient FG de 1,3, le prix de revient atteint 1868 € (1437 × 1,3).

Calculer sa marge

Il reste à intégrer la marge, c’est-à-dire à la fois le bénéfice souhaité et la part d’aléas inévitables sur un chantier. Le coefficient de marge prend souvent la forme d’un pourcentage, la moyenne se situe autour de 10 à 20 %, selon le niveau de risque et la concurrence.

Calcul du prix de vente hors TVA

Une fois le coût de revient et la marge définis, il est possible d’obtenir le prix de vente hors taxes, grâce à la formule : prix de vente = coût de revient × coefficient de marge. Reprenons l’exemple : pour un prix de revient de 1868 € auquel on applique une marge de 20 % (coefficient 1,2), le prix de vente ressort à 2241 € HT.

Pour approfondir la méthode des débours secs, une explication détaillée ainsi qu’une infographie sont disponibles dans un article dédié.

Que vous soyez nouvel entrepreneur ou déjà bien installé, évaluer vos frais généraux avec précision change radicalement la façon dont vous facturez. Cela garantit des devis cohérents, justes et adaptés à vos coûts réels. En cas de doute, un professionnel de la comptabilité saura vous accompagner. Par ailleurs, les logiciels de devis et facturation spécialisés dans le bâtiment facilitent aujourd’hui grandement ces calculs : il suffit d’intégrer vos tarifs dans la base de données et les chiffrages sont générés en quelques minutes.

Pensez au coût du balisage sur vos chantiers !

Une fois tous les calculs bouclés et le chantier prêt à démarrer, un poste reste trop souvent sous-estimé : celui du balisage. Installer une signalisation adaptée, c’est garantir la sécurité de toute l’équipe et assurer une bonne circulation sur le site. Ce poste doit clairement apparaître dans votre estimation de coûts, sous peine de mauvaises surprises. Pour en savoir plus, consultez des sources spécialisées comme https://www.signals.fr/signalisation-chantiers/securisation-chantiers/balisage-rapide.

Le coût du balisage dépend de l’ampleur du chantier. Selon la taille du site, il peut varier de 500 € à 5000 € pour les opérations les plus vastes. Demander plusieurs devis se révèle souvent indispensable, car cette dépense peut vite représenter une part non négligeable du budget total. Si la signalétique semble onéreuse au premier abord, gardez à l’esprit que le matériel est réutilisable pour d’autres chantiers et qu’il offre une tranquillité d’esprit appréciable au moment de passer à l’action.

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